

Faire bouger les lignes sur la douleur chronique
La douleur chronique est encore souvent mal comprise de l’entourage, au travail comme dans la vie personnelle. Vous qui la vivez au quotidien, vous êtes pourtant bien placé pour en parler ici, vous trouverez quelques éléments de réponse pour essayer de faire évoluer le regard des autres.
Pourquoi votre parole compte ?
Il n'existe pas de marqueur de la douleur : aucun examen radiologique, aucune prise de sang ne permet de l’objectiver. (1) Et elle est propre à chacun : vous êtes le seul à pouvoir la décrire. (1) C’est souvent de là que naissent les incompréhensions. Mettre des mots simples sur ce que vous vivez, c’est déjà agir. (1)
Expliquer, corriger, sensibiliser
Faire bouger les lignes ne demande pas de grands discours. Voici 3 idées :
Expliquer
Partez de votre vécu, de l’impact de votre douleur sur votre quotidien et sur vos émotions.
Corriger
Quand une idée reçue sur la douleur émerge d’une discussion, répondez par une phrase simple et juste, les réponses ci-dessous sont faites pour ça.
Sensibiliser
Élargissez le regard. Faire comprendre que la douleur chronique est un problème fréquent (2,3), et non une situation rare, change beaucoup de choses.
Face aux idées reçues, que répondre ?
Mais tes examens sont normaux !
Aucun examen radiologique ni prise de sang ne permet d’objectiver la douleur. L’intensité de la douleur ressentie ne reflète pas toujours l’importance des lésions observées. » (1)
C’est dans la tête.
« Ma douleur n’a rien d’imaginaire. Son intensité varie selon le contexte et les émotions, mais elle est bien réelle. » (1)
Ça finira bien par passer.
« Quand elle dure, la douleur perd son rôle de signal d’alarme et devient une maladie à part entière qui nécessite une prise en charge spécifique. » (1)
Tu exagères peut-être.
« Je suis la personne la mieux placée pour décrire ma douleur, son intensité et son impact sur mon quotidien. » (1)
Tu es un cas à part.
« La douleur chronique touche environ 12 millions de personnes en France. Je suis donc loin d’être le seul. » (3)
Quels mots choisir pour parler de sa douleur chronique ?
Certains mots bien choisis peuvent aider à mieux décrire ce que vous vivez :
- « Douleur chronique » plutôt que « douleurs » : une douleur qui persiste ou se reproduit pendant plus de 3 mois. (3)
- « Maladie à part entière » plutôt que « symptôme » : quand elle dure, la douleur n’est plus un simple signal d’alarme. (1)
- « Subjective » ne veut pas dire « imaginaire » : cela signifie que seul celui qui a mal peut la décrire. (1)
- « Mes douleurs ont un impact sur mon quotidien » plutôt que juste « j’ai mal » : la douleur s’accompagne d’un impact concret sur le sommeil, le moral, le travail, etc. (3)
Et si vous souhaitez aller plus loin, des associations de patients peuvent vous aider à mieux comprendre votre douleur et à mieux communiquer avec votre entourage.
Pour aller plus loin


Ma douleur et mes proches
Références
1. Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur (SFETD), Centre National de Ressources Douleur (CNRD). La douleur en questions. 2018. https://www.cnrd.fr/14/page/7979/La_Douleur_En_Questions_Livret_complet.html
2. Académie nationale de médecine. Les douleurs chroniques en France (rapport 18-11). 2018. https://www.academie-medecine.fr/les-douleurs-chroniques-en-france-recommandations-de-lacademie-nationale-de-medecine-pour-une-meilleure-prise-en-charge-des-malades/
3. Haute Autorité de Santé. Guide Parcours de santé d’une personne présentant une douleur chronique. Validé par le Collège le 11 janvier 2023. https://has-sante.fr/jcms/p_3218057/fr/parcours-de-sante-d-une-personne-presentant-une-douleur-chronique
