

Prise en charge de la douleur
La douleur chronique est complexe car elle peut être influencée par de nombreux facteurs (modèle dit biopsychosocial) :
- facteurs biologiques : patrimoine génétique, comorbidités (autres maladies associées), sensibilisation centrale (hypersensibilité du système nerveux à la douleur), déconditionnement physique (perte de forme liée au manque d’activité), etc.
- facteurs psychologiques : anxiété, dépression, façon de réagir à la douleur (évitement de certaines activités ou au contraire hyperactivité face à la douleur), croyances personnelles, etc.
- facteurs sociaux : familiaux, culturels, professionnels, scolaires, etc. (1)
Quels sont les moyens de lutter contre la douleur chronique ?
La douleur chronique étant influencée par de nombreux éléments, sa prise en charge peut nécessiter une approche pluriprofessionnelle (médecin, kinésithérapeute, infirmier, psychologue, etc.) prenant en compte la douleur dans toutes ses dimensions. C’est pour ces raisons que votre médecin pourra associer différentes approches pour vous soulager au mieux. (1,2)
Quels médicaments contre la douleur chronique ?
Les antalgiques sont des médicaments qui diminuent la douleur. Ils agissent en bloquant la transmission du message douloureux au niveau des nerfs périphériques, de la moelle épinière ou du cerveau. (3)
Les antalgiques sont classés en trois paliers :
- niveau I : douleurs légères à modérées,
- niveau II : douleurs modérées à intenses,
- niveau III : douleurs intenses ou résistantes aux antalgiques de niveau inférieur. Ces médicaments peuvent présenter un risque d’accoutumance et de dépendance, et leur utilisation est strictement encadrée. (3)
Néanmoins, il existe d'autres façons de classer ces médicaments, notamment selon l’endroit où ils agissent, leur mécanisme d’action et leur indication. (2)
Le traitement est choisi au cas par cas par le médecin, en fonction notamment :
- Du mécanisme de la douleur
- De son intensité
- De sa cause
- Des autres maladies éventuelles
- Des traitements déjà suivis et du profil du patient.
Schématiquement, la plupart des douleurs dites « nociceptives » (provoquée par une lésion ou une inflammation des tissus) peuvent être traitées avec du paracétamol, des anti-inflammatoires ou des opioïdes. (2)
Pour certaines douleurs chroniques, en particulier d’origine neuropathique (liée à une maladie ou une lésion du système nerveux), le médecin peut prescrire des médicaments agissant sur le système nerveux, classés à l’origine comme antidépresseurs ou antiépileptiques. (2)
Dans tous les cas, soulager une douleur chronique peut prendre du temps et/ou nécessiter des changements. Dans certains cas il n’est pas toujours possible de faire totalement disparaître les douleurs, l’objectif étant de les soulager au mieux et de réduire leur impact sur votre quotidien. (2) Plusieurs approches peuvent être essayées successivement.
Il existe, en plus des médicaments, beaucoup de techniques dites « non pharmacologiques » qui peuvent avoir une grande utilité. Dans la prise en charge des douleurs chroniques, on estime que la part des médicaments reste très limitée (généralement inférieure à 30 %). (2)
Les traitements non médicamenteux pour la douleur chronique ?
Pour compléter les traitements antalgiques, votre médecin peut vous proposer par exemple :
- de la kinésithérapie, de la physiothérapie (application de chaleur ou de froid), de la balnéothérapie ;
- de la neurostimulation transcutanée (ou TENS) : il s’agit d’une stimulation électrique de faible intensité appliquée sur la peau afin de diminuer la transmission du message douloureux ;
- des méthodes psychocorporelles : relaxation, hypnose, sophrologie ou méditation pour agir sur la perception de la douleur, le stress et les tensions musculaires ;
- de l’activité physique adaptée, avec des exercices ajustés à votre état de santé et à vos capacités, pour entretenir la mobilité ;
- de la psychothérapie, réalisée par un psychiatre ou un psychologue ;
- d’autres approches, comme l’acupuncture ou l’ostéopathie, qui peuvent se révéler efficaces chez certaines personnes. (1,2)
Ne pas rester seul face à sa douleur
N’hésitez pas à parler de vos douleurs lors de vos rendez-vous médicaux. La prise en charge d’une douleur doit être précoce, avant qu’elle ne s’installe durablement et n’entraîne d’autres conséquences, comme de l’anxiété, qui augmente à son tour la sensation douloureuse. (2)
Si vous vous sentez isolé face à cette douleur, retrouvez nos conseils sur cet article :
Quand une douleur chronicise, il se peut que sa prise en charge ne permette pas une disparition complète de la douleur. L’objectif est alors de la soulager autant que possible afin d’en limiter les répercussions sur votre quotidien et votre qualité de vie. (1)
Mieux comprendre votre maladie, son évolution et les possibilités de prise en charge peut vous aider à mieux vivre au quotidien et à devenir davantage acteur de votre parcours. Être attentif à ce qui déclenche ou accentue votre douleur peut également vous permettre d’anticiper certaines situations, par exemple un déplacement ou un événement particulier. (2)
Pour aller plus loin,
vous pouvez également consulter les articles suivants :


Liste des associations de patients
Références
- Haute Autorité de Santé. Guide Parcours de santé d’une personne présentant une douleur chronique. Validé par le Collège le 11 janvier 2023.
- Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur (SFETD), Centre National de Ressources Douleur (CNRD). La douleur en questions. Quand les professionnels de santé vous expliquent la douleur et les traitements. 2018.
- Assurance Maladie. https://www.ameli.fr/assure/sante/medicaments/utiliser-recycler-medicaments/utiliser-antalgiques

